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Patrimoine

Patrimoine remarquable


Colline et Chapelle Saint-JacquesLa colline et la chapelle Saint-Jacques.
 

Avec la Durance, la colline Saint-Jacques est le deuxième grand pôle naturel de Cavaillon. Elle est d’abord dénommée Mont Caveau, déclinaison comme le mot même de Cavaillon du nom du peuple Cavare qui avant l’époque romaine résidait à l’ouest du Rhône entre Isère et Durance. Elle devient ensuite colline Saint-Jacques du nom de la chapelle du XIIe  siècle et de l’ermitage qui lui est accolé à compter de la fin du XVIe siècle.

 

Des grottes situées sur le flanc de la colline ont abrité à la fin de l’ère préhistorique les premiers habitants du site. Des relations privilégiées pour Cavaillon se créèrent ensuite au sein du domaine que présidait Marseille, la puissante cité fondée en 600 avant JC par les Grecs.

 

A compter du Ve siècle avant JC, l’occupation humaine est à la fois sur la hauteur, dans l’oppidum protégé au nord par un rempart dont subsistent de beaux alignements et dans la plaine, au nord (aujourd’hui quartier des Vergers) comme à l’est (centre antique actuel). Avec un port sur la Durance, au couchant de la colline, on comprend combien Saint-Jacques s’est situé à l’articulation majeure du Cavaillon préromain. Pratiquement abandonné pendant près de vingt siècles, cet espace est retourné à la nature épisodiquement occupé comme lieu de passage par les troupeaux. Toutefois, il est demeuré le lieu d’identité de la cité, son image emblématique, celle de ses armoiries. Celles-ci décrivent en raccourcit la chapelle et son clocher d’une part et la tour de la Gâche (aujourd’hui disparue) d’autre part.

 

A partir du XIXe siècle la colline devient un lieu de villégiature privilégié où se multiplient les cabanons qui vont rapidement se transformer en sites résidentiels privés. Cette urbanisation galopante et menaçante, particulièrement sur la partie nord du plateau, ne sera endiguée dans l’entre-deux guerres que grâce à l’œuvre de sauvegarde d’une famille cavaillonnaise, les Jouve, fondateurs des musées. Les Jouve acquièrent des terrains, les remembrent afin d’assurer la préservation de la couronne de verdure qui ceinture encore aujourd’hui le rocher. Ils restaurent la Bergerie, la chapelle Saint-Jacques et son ermitage dont ils obtiennent le classement au titre des Monuments Historiques. Ils assurent ainsi le sauvetage d’un paysage en prenant compte un ensemble où nature, culture et histoire ont tissé des liens indissociables, rejoignant en cela un sentiment partagé par nombre de Cavaillonnais, celui d’une identité qui réside sur la colline.

 

Arc romainL’Arc romain (début du Ier siècle après JC)
 

Initialement situé au cœur de la ville, ce bel arc tétrapyle devait marquer l’entrée magistrale d’un édifice ou de la place publique, le forum. Enchâssé dans les bâtiments de l’ancien évêché et à demi enterré, il fut dégagé au cours du XIXe siècle puis transféré sur la nouvelle place du Clos en 1880 où il solennisait ce premier espace urbain et économique créé hors du centre ancien.

La face antérieure est décorée de victoires ailées tenant une palme et une couronne de laurier, dans un décor de rinceaux peuplés de fleurs et d’oiseaux. L’entablement de l’arc, disparu, a fait l’objet de nombreuses restitutions graphiques plus ou moins réalistes. 

 

La Cathédrale Notre-Dame et Saint-Véran

Cathédrale Notre-Dame

Une architecture complexe

L’évêché date du IVe siècle. La légende attribue la construction de la première cathédrale à l’évêque saint Véran. Les bâtiments actuels sont datés d’un premier ensemble du XIe siècle, agrandi d’une nef de cinq travées au XIIIe siècle, époque de sa consécration par le pape Innocent IV (1251). Le clocher octogonal et le cloître sont édifiés à la même époque. Le campanile date de la fin du XVe siècle. Incendiée par le baron des Adrets durant les guerres de religion (1562), la cathédrale se vit dotée d’un nouveau portail et d’une large baie centrale (fin du XVIe siècle). Les chapelles sud sont agrandies plus tard, aux XVIIe et XVIIIe siècles, et ornées d’un beau cadran solaire.

 

 

Une foisonnante décoration intérieure baroque

L’austérité extérieure du bâtiment contraste avec l’abondance et la richesse du décor intérieur, témoignage de la floraison artistique du Grand Siècle. Les stalles et la tribune de l’orgue, en bois doré, datent de la fin du XVIe siècle. Le grand retable du chœur, œuvre majeure du sculpteur cavaillonnais Barthélémy Grangier, est orné de cinq tableaux du célèbre peintre Nicolas Mignard (1606-1668). Parmi les sept chapelles latérales, celles dédiées à saint Véran (tableau de Pierre Mignard) et au Saint-Sacrement (œuvres de Louis et Pierre Parrocel) sont ornées de remarquables boiseries dorées, dues à Barthélémy Grangier et Jacques Bernus.

 

Hôtel d'AgarL’hôtel d’Agar (XVe-XVIe siècles)
 

La ville est émaillée de tours abritant des escaliers en vis, témoins d’anciennes demeures de la noblesse. La tour de la maison d’Agar a été dégagée au début du XXe siècle lors du percement du passage Vidau. La vieille noblesse locale, à l’instar des d’Agar, est renforcée à partir du XIVe siècle par des familles italiennes venues à la suite des papes (de Bus, de Pérussis…). L’hôtel d’Agar marque de façon ostentatoire la puissance de cette famille qui a fourni de nombreux consuls à la ville. Il existe toujours à l’intérieur un remarquable plafond à la française dont le décor peint évoquerait le séjour du roi François Ier à Cavaillon en 1537.

 

L’Hôtel de Ville (XVIIIe siècle)

Hôtel de ville

La maison commune du Moyen Âge fut remplacée en 1750 par un bel édifice classique, œuvre de l’architecte avignonnais J. Abel Mottard. Trois corps de bâtiments s’ordonnent alors autour d’une cour pavée de galets de Durance. La façade d’honneur présente un majestueux balcon, forgé par des maîtres locaux. Les ailes latérales abritaient le grenier communal et le mont-de-piété. Dès la fin du XIXe siècle, le bâtiment est exigu pour les besoins d’une ville en pleine expansion : on prolonge donc la façade à l’identique vers l’ouest. A la même époque, on réalise la remarquable couverture vitrée de la cour.

 

Chapelle du Grand CouventLa Chapelle du Grand-Couvent (fin du XVIIe siècle)
 

Le monastère des Bénédictines se développe dès le XIVe siècle, autour de l’ancienne église des Templiers. Une nouvelle chapelle est édifiée à la fin du XVIIe siècle, dont l’évêque Jean-Baptiste de Sade prescrit l’ouverture sur la Grand’rue, principale artère de la ville depuis l’Antiquité. Composée d’une ample nef unique à quatre travées, elle est rythmée par un entablement où alternent anges et éléments végétaux et couronnée d’une haute coupole en plâtre ornée de fausses fenêtres. La façade présente une frise de triglyphes et de métopes ornés de bucranes, de trophées et de rosaces, surmontée d’un large fronton encadrant un clocher-mur. La porte est sculptée de chérubins et du profil de saint Benoît entouré de ses attributs.

 

Le Pont-aqueduc de la Canaù

Pont-aqueduc de la Canaù

Témoin du génie hydraulique du XVIe siècle

Dès le début du XVIe siècle, la puissante famille d’Oppède bénéficie du droit de dériver les eaux du Coulon vers son domaine du Rouret. Mais le régime méditerranéen du cours d’eau rend l’irrigation aléatoire. Le baron d’Oppède obtient en 1537 le droit d’user des eaux du fuyant du canal Saint-Julien, à son débouché dans le Coulon. C’est alors qu’il fait construire cet ingénieux aqueduc : deux arches en pierre qui soutiennent, à l’aide de crochets métalliques, une conduite en bois bâchée, dans laquelle passe le canal. En cas de crue, le torrent emporte la conduite, facile à réparer, mais non l’ouvrage en pierre.

Pendant plus de trois siècles, cet œuvre remarquable tant par sa beauté que par son ingéniosité permettra l’irrigation de toute la partie nord-ouest du territoire, avant qu’un siphon ne remplace la conduite en bois, en 1921.

 

Chapelle Notre-Dame



La Chapelle Notre-Dame des Vignères
(fin du XIe siècle-XIIe siècle)
 

Exemple typique d’art roman provençal, cette chapelle fut construite à la toute fin du XIe siècle, contre une construction plus ancienne (VIIIe - XIe siècle) au sud est. La nef primitive était charpentée. Un porche richement décoré (1ère moitié du XIIe siècle) lui fut adjoint au sud. A gauche de ce porche, une pierre sculptée présente une hache, peut-être un cadran solaire, ainsi qu’un chrisme (monogramme du Christ). A la fin du XIIe siècle, la charpente de la nef fut remplacée par une voûte en pierre de taille, s’appuyant sur d’imposants contreforts. Au XIXe siècle, deux chapelles seront installées au nord, entre ces contreforts romans, la chapelle servant alors d’église paroissiale.


A l’intérieur, l’abside du XIe siècle présente un admirable décor de colonnettes et de chapiteaux délicatement ornementés dans des registres d’une grande variété. Une stèle dédiée au dieu Mercure en remploi dans l’autel, ainsi que la mise au jour par de récents sondages archéologiques de vestiges plus anciens, notamment des sépultures (VIIIe siècle), permettent d’évoquer une possible origine antique du site.

Mairie de Cavaillon – Place Joseph Guis- BP 80037- 84301 Cavaillon Cédex. Tel. 04 90 71 24 18
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